L'Espagne, leader mondial dans le don et transplantation d'organes

L’Espagne se positionne, pour la vingt-huitième fois, comme un leader mondial du don et de la transplantation d’organes. Mais ses chiffres ne s’arrêtent pas là, car en 2019, des records ont été battus.

Plan « 50×22 »

Pour la directrice de l’Organisation Nationale des Transplantations (ONT), Beatriz Domínguez-Gil, ces données démontrent l’efficacité des mesures prévues dans le Plan stratégique « 50×22 « , lancé par l’ONT et les bureaux autonomes de coordination des transplantations à la fin de 2017, avec pour objectif d’atteindre 50 p.m.p. de donneurs et 5500 transplantations d’ici 2022.

Selon ces données, le système espagnol de transplantation est sur le point d’atteindre, deux ans à l’avance, les objectifs fixés dans ce Plan, destiné à améliorer l’activité de transplantation dans le pays, tant quantitativement que qualitativement.

Ce sont des réussites auxquelles ont également contribué les alliances tissées par l’ONT avec les sociétés scientifiques des différents professionnels, médecins et infirmiers, qui participent au processus de don et de transplantation.

Le plan « 50×22 » comprend, entre autres, des mesures visant à faciliter la collaboration entre les unités de soins intensifs et les autres services hospitaliers, en particulier les services d’urgence, avec les coordinateurs des hôpitaux de transplantation ; à encourager le don en asystolie et sa transformation en don d’organes multiples ; à promouvoir le don de reins vivants et le don pédiatrique ; et à promouvoir le don d’organes dans le secteur privé, sous la supervision du secteur public, afin que tous les citoyens qui le souhaitent puissent devenir des donneurs d’organes, quel que soit le système de santé qu’ils choisissent.

Nouvelles données historiques

Malgré le fait que le point de départ était un niveau d’excellence élevé, difficile à dépasser, et un environnement défavorable au don, étant donné l’âge avancé des donneurs potentiels en Espagne, l’effort d’innovation a déjà commencé à porter ses fruits : avec de nouveaux sommets historiques en matière de don et de transplantation, tant en ce qui concerne le nombre de donneurs, avec un total de 2301, qu’en matière de transplantation d’organes solides, qui s’élève à 5 449. Il y a aussi des sommets historiques dans l’activité de transplantation de reins et de poumons.

Au total, 3423 greffes de rein, 1227 de foie, 300 de cœur, 419 de poumon, 76 de pancréas et 4 d’intestin ont été effectuées. On constate également une augmentation de 14 % des greffes de reins de donneurs vivants, avec un total de 335 (comparativement à 293 en 2018). Ce type de transplantation représente près de 10 % de toutes les transplantations rénales.

Malgré la grande activité de transplantation réalisées, il y a encore un nombre important de patients sur la liste d’attente, en attente d’un organe. Au 31 décembre 2019, ce nombre s’élevait à 4889 patients. Parmi eux, 93 sont des enfants.

Profil du donateur

Le don en asystolie s’est imposé comme le moyen le plus évident d’augmenter le nombre de greffes, avec un total de 744 donneurs, soit une augmentation de 18 % par rapport à l’année précédente. Actuellement, 32% des donneurs sont des donneurs asystoliques, soit 1 sur 3. Plus de 120 hôpitaux dans tout le pays, dans 16 Communautés autonomes, sont déjà accrédités pour ce type de don.

Le nombre de donneurs décédés dans des accidents de la route est de 4,4 %, l’un des plus bas de la dernière décennie.

En ce qui concerne l’âge des donneurs, plus de la moitié (56,4 %) ont plus de 60 ans, 32 % ont plus de 70 ans et 8,5 % ont plus de 80 ans. L’âge maximum d’un donneur effectif est de 91 ans, ce qui a permis de réaliser une greffe de foie.

Les refus des familles s’élèvent à 14 %. Ce pourcentage est réduit à 9,5 % dans le cas des donneurs en asystolie.

Données par Communauté Autonome

10 Communautés Autonomes dépassent les 50 donateurs p.m.p. Dont une qui enregistre près de 90 donateurs p.m.p. et deux de plus de 60 donateurs p.m.p.

Cantabrie est à nouveau en tête du classement, avec un taux de 89,7 donateurs p.m.p. Elle est suivie, dans cet ordre, par le Pays Basque (65), Murcie (63,8) et les Baléares (54,4).

En ce qui concerne l’augmentation du nombre de donateurs en termes absolus, la Catalogne se distingue en premier lieu, suivie par l’Aragon, la Galice, la Castille-La Manche et la Communauté Valencienne. En termes de pourcentage, les Communautés qui ont enregistré la plus forte croissance du nombre de donateurs sont, dans cet ordre, Aragon (+47,6%), Castille-La Manche (+44,1%), Galice (+17,2%), Catalogne (+14,6%) et Murcie (+14,5%)

D’autre part, l’ONT compte 1200 patients transplantés grâce à l’échange d’organes entre les Communautés Autonomes, soit 24 % du total. En revanche, 8 % des personnes transplantées ont reçu l’organe en dehors de leur communauté autonome de résidence. Ces deux données montrent le rôle cohésif du système espagnol de transplantation.

Autres faits saillants en 2019

L’Espagne et l’Italie réalisent la deuxième transplantation rénale internationale en Europe du Sud, dans le cadre d’une opération logistique complexe coordonnée par l’ONT avec la participation de la Fondation Puigvert à Barcelone et de « Kidney Transplant » à Padoue.

Après avoir commencé le programme de transplantation de cœur d’enfant incompatible AB0 en 2018, 6 transplantations de ce type ont déjà été réalisées dans notre pays (2 à l’hôpital universitaire Gregorio Marañón et 4 à l’hôpital universitaire de La Paz – Madrid).

Espagne est en train de consolider le programme de transplantations de donneurs de virus C positif vers des patients C négatif. À la fin de 2019, 101 greffes de donneurs de VHC avaient déjà été effectuées sur des receveurs qui n’étaient pas infectés par ce virus.

En novembre, l’ONT a établi un nouveau record d’activité, gérant 19 donateurs en moins de 24 heures. Les différentes opérations ont concerné 27 hôpitaux dans 13 Communautés autonomes et un hôpital français.

Au total, 127 patients hyperimmunisés, ayant peu de chances de trouver un donneur compatible, ont pu recevoir une greffe en 2019 grâce au programme PATHI (Program for Access to Transplantation for Hyperimmunized Patients). Ces patients étaient sur la liste d’attente depuis 6 ans en moyenne, en raison de leur situation immunitaire complexe. En cinq ans, 485 patients atteints de maladies rénales ont bénéficié de ce programme.

L’ONT a signé un accord de collaboration avec l’Association espagnole de santé privée (ASPE) pour promouvoir et normaliser le don d’organes dans les hôpitaux privés de tout le pays, en collaboration avec le secteur public et sous sa supervision. En 2019, 40 donneurs (1,7 % du total) ont été identifiés dans les hôpitaux privés : 13 à Madrid, 8 en Galice, 7 en Catalogne, 4 en Andalousie, 4 dans la Communauté Valencienne, 2 aux Baléares, 1 aux Canaries et 1 en Navarre.

Plan national de Moelle Osseuse

Au 1er janvier 2020, l’Espagne compte déjà 420730 donneurs de moelle osseuse inscrits au Registre espagnol des donneurs de moelle osseuse (REDMO). De ce nombre, 36108 sont des donateurs qui se sont inscrits en 2019, soit une augmentation de 9,2 % par rapport à l’année précédente. L’augmentation du nombre de donneurs enregistrés dans le REDMO et l’amélioration qualitative du registre sont des objectifs de la troisième phase du Plan National de la Moelle Osseuse.

Source : lahoradigital.com