Le mythe des origines du Montgó

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Le mythe des origines du Montgó 2017-07-27T13:41:39+00:00




Le mythe des origines du Montgó

 

Le mythe des origines du Montgó

Bien avant que les hommes peuplaient le monde, le pouvoir surtout ce qui existait, était partagé par la déesse Timana, déesse des eaux et des profondeurs de la mer, et par Dimana, dieu de la terre, des roches et des sommets. Les deux s’efforçaient de tout dominer tout et d’augmenter ses domaines aux dépens du rival.

Timana, en profitant des nuits obscures, détruisait les falaises avec ses tempêtes furieuses et ses vagues géantes qui assiégeaient les terres d’orient à occident et séparaient les deux immenses masses terrestres que Dimana essayait d’unir, pour diviser en deux les domaines de la déesse de la mer.

Des millions d’années ont passé et les conflits de ces dieux avaient modifié les côtes et le relief terrestre. De dieux moins importants avaient procréé quelques êtres gigantesques, apparentés aux Titanes, qui parcouraient la terre en faisant front à d’énormes dragons. Les pluies et les déluges qui s’étaient succèdes par des périodes interminables avaient généré une végétation sauvage. Les descendants d’Enlil, d’Enki et d’Ereshkigal, ainsi que ceux-là d’autres dieux lointains et des déesses avaient avancé vers l’Occident.

Ces titanes gigantesques s’établirent dans les extrémités de la terre, certains d’entre eux, protégés par Dimana, vivaient aux bords de ce que seraient les montagnes bétiques. D’entre ceux-ci, Lalahama (celle-là des longs cheveux), belle protégée de Dimana, avait l’habitude d’étendre au soleil sur les hauts rochers escarpés en face de la mer. Elle jouissait des vents et défiait les ouragans que Timana lançait contre la terre.

Entre temps le titan Akal (celui des bras forts) avait conquis l’amour de Lalahama.

Dimana, pour étendre ses domaines, ouvrait les entrailles de la terre, levait les volcans qui envahissaient l’océan avec rivières de lave et poussait des masses immenses les unes contre les autres pour générer des cordillères et pour occuper les mers de Timana. Celle-ci se défendait avec des terribles mouvements telluriques qui depuis les fonds des mers levaient les barrières d’eau qui dévastaient les côtes et détruisaient l’œuvre de Dimana. Ainsi durant des millénaires inracontables.

Les titanes aidaient Dimana à élargir son territoire en mouvant des montagnes et des rochers qu’ils prenaient avec ses bras robustes et entassaient sur le bord des mers. Pour cela Timana détestait Akal et sa compagne Lalahama et voulait les traîner aux fonds de ses mers avec l’aide des titanes inférieurs, des êtres amphibies et monstrueux qui agitaient les eaux et secouaient les colonnes submergées de la terre.

Un jour dans lequel Lalahama se reposait près de quelques falaises, l’un de ces groupes de titanes du monde inférieur, en obéissant les ordres de sa déesse, l’ont saisie par les pieds et ont commencé à la traîner. Quand la maîtresse d’Akal allait déjà disparaître dans les eaux noires et agitées, remarqué par ses cris, le titan des bras puissants est arrivé a retenir sa compagne par ses longs cheveux et à tirer fort d’elle, en luttant contre les titanes de la mer orageuse.




Cette bataille n’a pas eu de vainqueurs, mais il a laissé pour toujours ses marques gigantesques. Par l’énorme force des profondeurs, Akal et Lalahama se sont encastrés dans les entrailles de la terre en face de la mer. Le corps d’Akal et la tête et les dos de Lalahama sont restés ensevelis dans le plateau côtier. Pendant qu’elle se serra à la côte, en s’enterrant de plus en plus avec sa compagne, la déesse Timana réussit seulement à enterrer dans la mer la moitié inférieure de Lalahama qui se pétrifia toujours soutenue par la main de l’Akal.

Dimana, bien qu’il soit le dieu puissant des terres et des montagnes, n’a pas pu déterrer son fidèle Akal ni sa compagne. Les deux se sont transformés dans l’énorme massif qui aujourd’hui est connu comme le Montgó. Disent que Timana, dans les jours de forte tempête, bat et bat ses vagues contre le puissant promontoire qui avance vers la mer soutenue par l’épine dorsale enterrée de Lalahama, et essaie encore de l’amener vers les profondeurs. Mais le poing rocheux d’Akal la retient fortement.

Si toute cette histoire était une invention des exilés sefardíes, ou de quelques Arabes imaginatifs qui cultivaient les versants du Montgó, qui ont forgé la légende ou si elle procède des Phéniciens, les descendants d’hittites, que transportèrent à nos côtes les mythes du monde mésopotamien, nous ne pourrons jamais le savoir, mais ça reste une belle histoire.

Ce qu’on peut dire c’est que, si vous regardez attentivement le Montgó depuis la partie de Benitatxell et, surtout dans les soirs, quand les reliefs de la chevelure de Lalahama sont perceptibles à la lumière du soleil couchant, vous pourrez aussi vérifier comme l’avant-bras et la main puissante d’Akal retiennent toujours avec le poing fermé la chevelure de son aimée, pour éviter que Timana la s’emporte vers les profondeurs.

Si vous regardez le Montgó depuis Beniarbeig, vous pourrez contempler les jointures rocheuses et les phalanges de l’immense poing d’Akal.

Son avant-bras pétrifié est aussi apprécié depuis la plage de l’Almadrava.

Au-dessus des vergers d’orangers aux pieds du Montgó, on voit le souvenir d’Akal et de Lalahama.

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